Favoriser les entreprises locales

Pour avoir une grande et belle ville qui rayonne dans le monde, il faut que l’économie de cette ville soit dynamique, florissante. Et quelles entreprises bénéficient le plus à une ville que celles qui y ont leurs sièges sociaux, leurs racines ? Une entreprise lyonnaise qui grandit doit développer ses services, compétences et savoir-faire. Pour cela, l’entreprise lyonnaise devra embaucher du personnel ou innover – ce qu’elle fera en passant, normalement, par des entreprises lyonnaises aussi. Ça aura des répercussions sur l’emploi, les projets immobiliers, et même les politiques locales qui s’efforceront d’encourager les secteurs d’avenir : pensons au Pôle Pixel encouragé par la Région Rhône-Alpes.

C’est pourquoi nous devrions dans toute la mesure du possible privilégier les entreprises lyonnaises pour nos dépenses. Par exemple, en magasin, on peut regarder l’adresse du siège du produit pour voir d’où il vient. On peut aussi choisir ses magasins à l’avance. Vous pouvez également favoriser les entreprises sponsorisant les clubs locaux : ça compte aussi. L’idéal serait d’acheter du « made in Lyon », mais quant à savoir ce qui peut l’être, c’est moins facile.

Quelques exemples d’entreprises lyonnaises : Feu Vert (produits automobiles), First Stop (pneus), Arkane Studios (jeux vidéo), April et Mutant (assurance), Crédit Lyonnais (banque), CEGID (progiciels, entreprise de Jean-Michel Aulas), Roure (bijoux), SEB (électroménager), Renault Trucks (camions). Attention : contrairement à ce que leurs noms laissent penser, la CIC Lyonnaise de Banque et la Lyonnaise des eaux sont maintenant des entreprises… parisiennes !

Favoriser les entreprises lyonnaises permet de dynamiser l’économie locale et de créer de nombreux emplois.

Ce faisant, nous contribuerons à renforcer l’économie de notre ville dans la compétition qu’elle mène contre d’autres villes, principalement Paris. D’ailleurs, si on a le choix entre cette dernière et une ville de province, mieux vaut choisir l’entreprise provinciale. Car Paris écrase tout, et chaque pièce donnée renforce cette hégémonie…

Peut-être que cet effort vous paraitra-t-il vain, mais si tout le monde se dit ça, mieux vaut ne plus jamais parler de Lyon, défendre Lyon ou même aller supporter les clubs locaux. Quoi que vous décidiez, je vais agir car je suis un lyonniste convaincu. Et vous ?

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Comment dépolluer Lyon ?

La Capitale des Gaules possède de nombreux sites naturels, tels le Parc de la Tête d’Or ou les pentes de Fourvière. D’autres parcs et site naturels sont en projets. Pourtant, régulièrement, la ville atteint des taux de pollution inquiétants. Pour une ville qui a les ambitions de Lyon, ce n’est pas tolérable ! On l’explique par le fait que la ville est confrontée à d’incessants bouchons et qu’elle possède au Sud, de nombreuses usines et raffineries. Pour autant, faut-il en conclure qu’il n’y a rien à faire ?

Les pics de pollution touche régulièrement la Ville-Lumière.

Non, une solution très simple serait d’utiliser des vélos. Oui, quelques coups de pédales permettent de propulser le vélo assez vite. Je l’ai moi-même assez utilisé pour témoigner que le vélo est très pratique et s’utilise avec grand plaisir. Et son utilisation est bien plus facile et rapide que vous ne le pensez. Il y a de nombreuses stations Vélo’v qui permettent de s’adonner aux joies du pédalage. Le système de location de vélo à très récemment été élu le meilleur d’Europe.

Malheureusement, la route est dangereuse pour les cyclistes, et sur les trottoirs, ce sont les cyclistes qui sont dangereux pour les piétons. La solution : les pistes cyclables. Mais le problème est qu’elles ne sont pas assez développées. Là encore, la ville ne se donne pas les moyens de réussir pleinement : d’un côté, elle installe un système efficace de location de vélo ; et de l’autre, elle ne trace pas assez de bandes cyclables.

La ville pionnière en matière de piste est Strasbourg. 46% des rues de la belle capitale alsacienne – et en passant, capitale française du cyclisme – possèdent des pistes cyclables, ce qui la met en tête du classement des villes françaises, loin devant Angers (2ème) avec 28%. Lyon n’est même pas dans le top 10. Même Paris (6ème) a plus de pistes avec 21%. Bref, pour Lyon, c’est la honte ! Mais que fait Gérard Collomb, maire de la ville depuis 2001 ? Rien, absolument rien.

Les Berges du Rhône sont entièrement parcourues de pistes cyclables

Une autre solution qui peut être prise en complémentarité de la première est l’interdiction des véhicules en centre-ville. Cela peut se faire assez facilement si les habitants ont un vélo ou une station Vélo’v pas loin de chez eux. Il faudrait peut-être aussi ajouter quelques lignes de bus là où il y en a besoin et installer des endroits pour ranger son vélo.

Un des obstacles à cette disposition est la peur de la mairie du risque de dégringolade du chiffre d’affaires des magasins du centre-ville. Mais si on fait les choses correctement – et pas à moitié, comme souvent – il ne devrait y avoir aucun problème. Juste laisser le temps aux habitants de s’adapter. Je suis sûr qu’ils s’adapteront très rapidement au plaisir de pédaler.

Plus de véhicules en centre-ville et des habitants prenant l’air à vélo, c’est bon pour nos poumons – sauf si un abruti vous balance sa fumée de cigarette dans le nez – et pour le moral. Après, la question est toujours la même : va-t-on s’en donner les moyens ?

Quand Rome renie son histoire

« Seule Paris est digne de Rome ; seule Rome est digne de Paris » C’est par ces mots qu’est justifiée l’unicité du jumelage Paris-Rome, signé en 1956. Cela ne pouvait pas manquer de m’interloquer.

Il faut rappeler que le jumelage a été institué pour favoriser la coopération décentralisée… Paris où l’art de dévoyer les choses.

Si on fait référence à la « dignité » de Rome, ça doit sûrement concerner l’époque antique. La question est donc : qu’était Paris à l’époque ? A l’époque de la splendeur de Rome, son empire s’étendait de l’Angleterre jusqu’en Mésopotamie (actuelle Irak). Qu’était Paris à cette époque ? Une petite ville de Gaule, même pas une « sous-préfecture ». La population s’élevait au maximum à 6 000 habitants. Elle avait la plupart des infrastructures des villes romaines (théâtre, thermes) mais n’avait rien de plus.

Qu’était Lyon ? Lyon, alors Lugdunum, était la Capitales des Trois Gaules : Gaule aquitaine, lyonnaise (dont faisait partie Paris), belge. La population devait se compter dans une large fourchette : entre 40 000 et 200 000 résidents. Le 1er Août, les chefs des tribus gauloises des Trois Gaules s’y réunissaient pour rendre un culte à l’empereur. Elle était aussi importante qu’Alexandrie, Athènes, Carthage, Ephèse… Les communautés de métiers s’occupent du commerce local : tout le vin, l’huile et l’or passaient par Lyon, on y produisait des pièces de monnaies que l’on retrouvait jusqu’aux extrémités de l’Empire, la Gaule y était administrée. La richesse de la ville lui permettait d’être saturée de monuments : des temples dédiés à diverses divinités, un palais impérial, un sanctuaire, un théâtre, un amphithéâtre, un odéon, des thermes, un cirque (courses de chars) et un temple capitolin. A Lyon, sont passés des empereurs : Auguste, Tibère, Caligula, Vitellius, Hadrien, Septime Sévère, Albin, Claude et Caracalla. Au moins neuf empereurs. Parmi eux, deux y sont nés : Claude et Caracalla.

Avec tout ça, Lyon ne serait pas digne de Rome ? Si oui, c’est que aucune ville n’est digne de Lyon. Car Rome a cédé au clinquant de Paris, oubliant son propre passé, oubliant Lyon qui, autrefois, faisait la fierté des empereurs. Comme Paris avant elle, Rome a signifié son mépris pour Lyon, mais aussi pour toutes les autres villes.

Paris ou Rome : que du mépris !

A Rome, il y a tellement de vestiges que tous travaux y est difficile, et avec la crise, l’avenir de Rome est sombre. Le temps de l’Empire Romain est terriblement loin. Contrairement à la capitale italienne, Lyon a, en plus d’avoir un passé, un avenir.

Et c’est là la question : quel avenir bâtirons-nous pour notre ville ? Car les seuls qui peuvent changer les choses, c’est nous !

Le massacre de la culture par Gérard Collomb

En 2013, la Capitale Européenne de la Culture sera Marseille. La raison que l’on invoque pour expliquer la défaite de Lyon est que la ville est déjà une capitale de la culture. Explication des plus pourries, vous l’aurez deviné. On a aussi essayé de l’expliquer par le fait que Lyon était la seule ville dont le maire était de Gauche. Il est possible que ce soit l’une des raisons, mais ce n’est pas la principale – et ce serait trop facile d’accuser l’autre. Non, la vraie raison est la très mauvaise gestion de la culture par le maire Gérard Collomb.

J’aime bien Gérard : il a un bel accent lyonnais, il gère le budget municipal avec rigueur, il se démène pour que notre ville soit plus connue à l’étranger, et il se bat pour une France plus décentralisée pour que Lyon ait plus de marge de développement. Des qualités qui lui assurent une belle cote auprès des Lyonnais.

Mais le problème c’est que pour internationaliser Lyon, Collomb s’imagine qu’il faut bâtir plein de centres commerciaux. Actuellement, en comptant la Presqu’île (avec son « Triangle d’Or »), Confluence, la Part-Dieu, et le Carré de Soie, Lyon a quatre « centres commerciaux » de taille. Ce qui fait beaucoup pour une agglomération de moins de deux millions d’habitants. Mais ce n’est pas le plus gros problème. Le vrai souci est que la culture est complètement oubliée.

Le cas de l’Hôtel-Dieu, par exemple. Le projet d’extension du Musée des Hospices Civils de Lyon a été refusé par le maire. Mais finalement, la maire a trouvé un accord avec le promoteur Eiffage pour accueillir la Cité de la Gastronomie – si la ville est retenue. Ouf !

Et quand la culture n’est pas oubliée, les prix sont exorbitants. Un exemple-type, l’opéra. A Paris, les premiers prix sont à 10€, 25€, 45€. A Lyon, ils sont à 13€, 39€, 53€. Plus cher. Vous me direz sans doute que c’est à peine plus cher. Certes. Mais il faut prendre en compte que l’Opéra Garnier de Paris est bien plus prestigieuse que celui de Lyon et que Paris est censée être l’une des villes les plus chères au Monde. Lyon veut concurrencer Paris mais on fait comme si notre ville était supérieure à la capitale. On met la charrue avant les bœufs. Forcément, les gens ne peuvent pas suivre.

Opéra Garnier – Paris

Opéra de Lyon (copyright B-rob.com)

Autre exemple. Le Salon du Livre, qui avait lieu Place Bellecour, vous savez pourquoi il a disparu ? Parce que Collomb a coupé les subventions, seules ressources pour son organisation. Du coup, fini le Salon du Livre. Bêtement, comme ça, du jour au lendemain. Alors quand le même Gérard Collomb nous vante les Assises Internationales du Roman (événements pour « littérateurs » aristos et élitistes), il y a de quoi rire. Rire jaune. C’est dommage que Lyon n’ait même pas de Salon du Livre digne de ce nom alors que l’histoire littéraire de Lyon est riche grâce surtout à l’Ecole de Lyon (groupe de poètes du 16ème siècle), et que la Bibliothèque de Lyon fait le plein de visiteurs…

Et dire que Lyon a été candidate pour être Capitale de la Culture. On croit rêver ! D’ailleurs, je ne suis pas le seul à qui ça a fait bizarre cette gestion de la culture par le maire Collomb. Le dénommé Dröne a créé un site : Lyon 2013, Capitale Européenne de l’Ennui.

Si jamais Lyon veut rivaliser avec Paris, il faut qu’elle s’en donne réellement les moyens en rendant la culture accessible au commun du peuple. Mais allez faire comprendre ça à Gérard Collomb…

Finissons avec un mot sur la Capitale Européenne de la Culture 2013, Marseille. Il y a déjà des problèmes bien que 2013 ne soit pas encore là. Un petit peu les mêmes problèmes qu’à Lyon, avec des suppressions de subventions pour certaines associations, « bénévoles » qui travailleront assez dur et sans être payés (cf. les JO de Londres), et des bâtiments à l’architecture plutôt laide.

Finalement, ce n’est pas si mal que Lyon n’ait pas été Capitale Européenne de la Culture.

Villa Méditerranéenne – Marseille