La tellement courte mémoire des Lyonnais (1/2) : Le siège de Lyon de 1793

Les Lyonnais se souviennent mieux d’évènements s’étant passés il y a deux mille ans que d’autres qui se sont passés il y a dix fois moins longtemps. Il y a deux mille ans, Lyon était la Capitale des Gaules, une des principales villes de l’Empire Romain. Tous les Lyonnais le savent. Il y a deux cents ans, le siège de Lyon (et ses funestes conséquences) ravageait Lyon dans la plus sombre page de son histoire. Très peu de Lyonnais le savent. Vous connaissez le dicton : « ce que nous oublions est condamné à se reproduire. » Il vaudrait mieux que cet évènement ne se reproduise plus jamais. Il est de notre devoir de faire connaître cet évènement dramatique de la Révolution Française, qui témoigne d’une partie de l’échec de l’humanité à se diriger vers une société plus juste.

A l’origine, Lyon est favorable à la Révolution.

Au début, la Révolution a été accueillie positivement à Lyon. Les pauvres auraient plus de libertés et seraient moins affamés, et les marchands y voyaient une occasion de pouvoir se moderniser et s’affranchir d’une partie de l’hégémonie parisienne. Contrairement à d’autres villes, Lyon allait bien. Jusqu’à ce que le chef des jacobins locaux, Joseph Chalier, ne force « l’entrée » de la mairie avec l’aide des jacobins envoyés de… Paris, au détriment des fédéralistes élus. Chalier souhaite installer un tribunal révolutionnaire (avec la guillotine qui va avec) et imposer une taxe afin de lever une armée – une armée révolutionnaire, évidemment. Mais il ne parvient pas à régler la crise sociale, et finalement, les fédéralistes reconquissent l’Hôtel de Ville et font guillotiner Chalier avec la même arme que ce dernier avait fait construire Place des Terreaux. Du fait de la forte présence de royalistes aux côtés des fédéralistes, les jacobins s’imaginent que Lyon est en soulèvement royaliste et déclare la ville en rébellion. Les fédéralistes étant obligés de s’allier aux royalistes, le commandant des Lyonnais insurgés fut le comte Louis François Perrin de Précy.

Fichier:Louis François Perrin de Précy.jpg

Le commandant des Lyonnais insurgés, le comte de Précy, Louis François Perrin

Le siège de Lyon débute le 9août 1793 et durera deux mois. Les moins de 10 000 défenseurs de la Capitale des Gaules affrontent 65 000 soldats de la Convention « montagnarde » (les jacobins). Pourtant, les Lyonnais donnent énormément de mal aux assaillants. La vigueur des défenseurs permit à la ville de résister pendant deux mois, en donnant du fil à retordre aux assaillants, avant de devoir se rendre, le 9 octobre. Le siège aura fait des milliers de morts côté lyonnais.

Lyon bombardée de puis le nord.

Et là, l’horreur. Les envoyés de la Convention  jacobine (Joseph Fouché et Collot d’Herbois) destituent la ville de son nom en la renommant « Ville-affranchie » (on peut aussi comprendre que le siège a « affranchie » Lyon de ses complexes vis-à-vis du centralisme parisien) ordonnent la destruction des principaux bâtiments de la Ville des Lumières et l’édification d’une colonne sur la place Bellecour où serait gravée la mention : « Lyon fit la guerre à la liberté, Lyon n’est plus ». La plus grande hypocrisie dans toute sa splendeur ! En effet, si les Lyonnais étaient entrés en guerre c’était justement pour défendre sa liberté, sa liberté de vivre, tout simplement.  Ils sont traités de « mauvaise race » par leurs bourreaux. Et la cerise sous le gâteau : le tribunal révolutionnaire envoya à la mort plus de 3 500 morts, dont certains sont même enterrés vivants !!! Et il se peut que le nombre de victimes aille bien au-delà de ce chiffre…

Fichier:Joseph Fouche.jpg

Joseph « le Mitrailleur » Fouché, responsable du massacre de milliers de Lyonnais

L’horreur totale proférée au nom de « la liberté » (il y a vraiment de quoi halluciner). Un grave échec de la Révolution, de l’Homme tout court. Aujourd’hui qu’en est-il ? Les héritiers des Jacobins sont toujours au pouvoir, centralisateurs, moquant la province, lui refusant une plus grande autonomie sous prétexte d’unité nationale. Où est l’unité d’un pays lorsqu’un immense fossé sépare la capitale de la province ?!! Nulle part ! A quoi a servi la Révolution ? A rien ! Le Président a à peine moins de pouvoir que le Roi, le pays est toujours aussi centralisé qu’au temps du Royaume de France. Des dizaines de milliers de morts pour rien. La Révolution a aussi apporté son lot d’horreurs qu’il ne faut pas occulter.

Ossuaires des Lyonnais dans la chapelle des Brotteaux. N’oubliez jamais que ceux qui ont fait ça sont les ancêtres idéologiques des gouvernants français actuels.

Et qui, dans les rues de la capitale des Gaules, se souvient du siège de Lyon ? Presque personne, à part quelques passionnés de Lyon et d’Histoire. Et c’est bien effrayant car « ce que nous oublions est condamné à se reproduire ». Imaginez que les Parisiens descendent à Lyon pour y faire massacrer 100 000 personnes dans toute la métropole, car c’est, proportionnellement, ce qui est arrivé aux Lyonnais en 1793, des femmes, des enfants, des adolescents, des pères de famille, des artisans, des commerçants. Il est de notre devoir de faire vivre la mémoire de nos ancêtres et de faire connaître cet évènement aux gens qui nous entourent, de défendre les valeurs qui nous animent. Vous trouvez que c’est trop dur ? Il est beaucoup plus facile à nous de parler du siège de Lyon qu’aux Lyonnais de 1793 de résister aux armées de la Convention jacobine.

Il y en a à Lyon qui n’ont pas oublié. Et qui réclame sans cesse justice face à de nombreux politiques qui enragent de voir la France se décentraliser petit à petit. Quoi qu’il en soit, les Lyonnais obtiendront justice.

… d’une manière ou d’une autre. Le temps ne soustrait rien ni personne à la justice.

Projet d’un monument Funèbre et religieux à élever aux Brotteaux pour y rappeler le souvenir des Lyonnais immolés en 1793 et inhumés en ce lieu.

Publicités

5 réflexions sur “La tellement courte mémoire des Lyonnais (1/2) : Le siège de Lyon de 1793

  1. Voici la description de ces faits, que vous trouverez en version originale sur le livre de J-M Villefranche : http://archive.org/details/essaidegrammaire00villuoft …. J’en ai fait un document où vous trouverez le récit en patois lyonnais (de Couzon) , sa transcription en arpitan (écriture commune aux patois arpitans), et bien sûr la version française…. Lyonnais rapellez à vous vos origines apritanes aujourd’hui oubliées : http://www.archive-host.com/files/1635089/8649f338d2413081e6a8b9795eae59f33408419e/Sonor_Albegni.docx

    • Merci pour ces documents très intéressants. Ça souligne le barbarisme des jacobins parisiens.

      Pour le billet sur l’arpitan, je ne suis pas sûr de le faire. J’essaierai.

      En attendant, il faut continuer le devoir de mémoire et la lutte pour Lyon et contre la centralisation parisienne héritée, en partie, des jacobins, ces immondes ordures.

    • Un article plein de fautes d’orthographe avec un parti-pris scandaleux sur l’héritage de nos dirigeants actuels.
      Certes la répression a été terrible, mais il faut se replonger dans le contexte de l’époque.

      • On a massacrés 4000 personnes dont la moitié guillotinnées ! C’est ça qui est scandaleux ! Tout comme le fait que vous vouliez relativiser ce massacre. Temps qu’on y est, on devrait relativiser les chambres à gaz aussi ! Mon seul parti est celui des victimes et de mes ancêtres. Est-ce un tort ?

  2. Pingback: Un meilleur hymne pour la France ? | Le Lyonniste

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s