Le futur du stade de Gerland

Quand l’Olympique Lyonnais s’installera dans son nouveau stade, le Stade des Lumières, le stade de Gerland ne sera plus utilisé. Au départ, c’est le Lou Rugby qui devait y prendre place mais il semble que le club se sente bien dans son Matmut Stadium. Et vu la nullité de ses dirigeants, un stade de plus de 10 000 places ne lui sera pas indispensable. Alors que faire du stade de Gerland, attaché aux cœurs des Lyonnais, et dont les quatre arches sont classées Monument historique du XXe siècle ?

Que deviendra le stade de Gerland après le départ de l’Olympique Lyonnais au Stade des Lumières ?

J’ai une idée, qui me plait beaucoup. Le stade doit retrouver son aspect primaire pour dégager la vue sur les quatre très belles arches. On pourra aussi surmonter les arches de statues raffinées, comme prévu à l’origine. L’édifice retrouvera l’esprit de son concepteur Tony Garnier. A l’intérieur, on fait un parc avec une belle pelouse bien verte, des massifs floraux, des fontaines, des chemins marbrés. Les familles pourront se détendre pendant une ballade. Aux abords, on détruit l’abominable piscine « olympique » (qui recueille une eau de pluie verdâtre) et on supprime tous ces terrains graveleux et hideux. On remplace le tout par un magnifique parc Et le stade continuera de vivre pour les Lyonnais.

L’aspect d’origine du stade de Gerland, dessiné par Tony Garnier.

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Lyon – Tottenham : match de légende ?

Avant le match aller, Tottenham était à cinq petits points du deuxième de Premier League. Les Spurs auraient probablement été deuxièmes sans leur mauvais début de championnat. C’est cette équipe, en pleine puissance, qui accueillait l’Olympique Lyonnais, club en plein doute et en méforme après deux défaites consécutives, en manque de liquidités. Tottenham ne devait faire qu’une bouchée de l’OL, l’objectif du club rhodanien étant d’au moins préserver les chances pour le match retour.

Pourtant les Gones donnèrent énormément de difficultés aux Spurs pour s’imposer et approcher des cages lyonnaises. L’OL aurait même pu mener. Ce sont deux coup-francs qui sauvèrent et donnèrent la victoire à Tottenham. Les Lillywhites, comme ils se surnomment, ont eu très chaud et gagnent presque miraculeusement 2-1, l’arbitrage ayant aussi porté préjudice aux Lyonnais.

/ Photo Stéphane Guiochon

Les Lyonnais avaient posés de graves problèmes aux Spurs.

2-1. Pour le match retour, tout est permis. Les Lyonnais y croient et Gerland sera plein comme à l’époque de la Ligue des Champions. Prêt a bouillonner de tiffos, de drapeaux, de sauts et de chants. Tous y croient pour renverser la vapeur, une vapeur qui ne s’est plus renversé depuis 2002 face au Club Bruges (4-1 ; 0-3). C’est le bon match pour relancer la légende OL et amorcer une nouvelle spirale positive. Les supporteurs anglais y croient autant que nous puisqu’ils seront 2500 à faire le déplacement à Gerland. Jouer à domicile ne sera pas forcément plus facile puisque Tottenham aime avoir des espaces pour jouer en contre. C’est là que ce sera dangereux pour nos Gones : ils devront attaquer en faisant attention à ne pas subir de contre. Ce sera un défi tactique qui servira de test pour  l’entraîneur lyonnais. Ce sera un match très certainement nerveux où il faudra user de patience et d’intelligence pour trouver la faille. Une victoire 1-0 suffirait à qualifier l’Olympique Lyonnais. Ce sera un match sous tension, enflammé et sûrement spectaculaire. L’Europe aura les yeux braqués sur ce match.

Gerland sera plein et l’ambiance chaude.

Si l’OL gagne et passe, il aura réalisé une performance européenne de très haut niveau qui montrera qu’il est resté, malgré les difficultés, un roc, un lion, qu’il vaut mieux éviter de croiser. Une performance qui ne fera qu’ajouter à l’histoire et à la très belle réputation européenne de l’Olympique Lyonnais. Mais ce sera aussi important pour les jeunes joueurs qui gagneront énormément en confiance. Que du positif… avant d’affronter l’Inter Milan. Si l’OL perd, il restera toujours la gloire d’avoir combattu et posé énormément de problèmes à une très solide équipe européenne qui n’a pas les mêmes problèmes que notre club. Et les joueurs se concentreront vite sur le championnat et la lutte contre le Paris Saint-Germain pour le 8ème titre.

En attendant la Ligue 1, la Ligue Europa. J’y crois dur comme fer. Et vous ?

Le trophée de la Ligue Europa.

Une ville au prisme de son football

J’ai toujours pensé qu’un club de football devait être plus qu’un simple club (comme la devise du FC Barcelone : « plus qu’un club »), mais le représentant et l’ambassadeur de sa ville. Une vitrine pour elle. Connaître un club est aussi un bon moyen de connaître une ville et ses habitants.

Allons à Madrid. Les supporteurs madrilènes sont chauds-bouillants. Pas ceux du Real ? Excellente question. Madrid a deux clubs, l’Atletico en plus du Real. Qu’est-ce qui détermine quel club le Madrilène moyen va supporter ? Dans une ville où il y a au moins deux clubs, il y en a toujours un club plus prestigieux que l’autre, et dont les places sont plus chères. L’habitant moyen n’ayant pas de fortune personnel privilégiera le club moins cher et transmettra logiquement sa passion à ses enfants. Il faut aussi prendre en compte la volonté du supporteur à soutenir le club de la ville et non le club qui attire des supporteurs venus d’on-ne-sait-où. Revenons à Madrid, au stade de l’Atletico, là, vous voyez, les Madrilènes sont beaucoup plus chaleureux.

Atletico Madrid fans de montrer leur soutien avant la finale de l'UEFA Europa League entre l'Atletico Madrid et l'Athletic Bilbao à la National Arena le 9 mai 2012 à Bucarest, en Roumanie.

Les Madrilènes sont des gens chaleureux

Ça se vérifie partout : à Lisbonne, Barcelone, Milan, Turin, Rome, Munich. Mais la ville la plus significative de ce phénomène est… Manchester.  Aucun Mancunien de naissance ne supporte United, seulement City. D’ailleurs leurs noms est parlant : Manchester City (« ville » : le club de la ville) et Manchester United (« unis » : le club qui uni les supporteurs d’un peu toute l’Angleterre).

Et les Lyonnais dans tout ça ? On pourrait se dire que les Lyonnais sont froids en voyant les spectateurs assis gentiment en tribunes latérales. C’est oublier le Kop Virage Nord où résident les Bad Gones, supporteurs qui par leurs tiffos, leurs chants et leur nombre n’ont rien à envier aux meilleurs supporteurs d’Europe. Alors, chaud, froid ? Les deux. Lyon est une ville de contraste et ça ce reflète parmi les supporteurs lyonnais.

Bien que de nombreux Lyonnais paraissent spectateurs, les Lyonnais des Bad Gones n’ont rien à envier aux meilleurs supporteurs d’Europe

Le stade du club doit aussi représenter la ville et son histoire. A cette considération, le stade de Gerland de Lyon en est le plus bel exemple. Le mur qui entoure le stade, ses pentes herbeuses et surtout ses quatre arches ne rappelle-t-il pas l’époque antique durant laquelle Lyon fut Capitale des Gaules ? A l’origine, on prévoyait même de placer des statues (de muses, comme celles de l’Opéra) au dessus des arches. Le résultat aurait été extraordinaire ! Tony Garnier l’a dessiné  à l’origine, pour accueillir les Jeux Olympiques de 1924 (Lyon était favorite jusqu’à ce que les Mexicains, bizarrement, usent de pot-de-vin). Je suis en revanche très déçu par les stades d’Italie. Un pays avec une histoire architecturale aussi riche et forte se devait de le faire transparaître dans leurs stades. Ce n’est pas le cas, et ce n’est pas près de s’arranger. Des stades sans architecture forte, vétustes, avec des pistes d’athlétisme séparant les tribunes des terrains… L’Allemagne est tout le contraire. Des stades grandioses, modernes, qui ont le luxe d’être variés. Les stades allemands sont l’exemple à suivre. Comme le fait déjà la France en prévision de l’Euro 2016. Calmez-vous, ce ne sont pas tous ces beaux stades qui va faire du championnat de France le plus attractif d’Europe – d’autant plus que les habitants d’un pays ont le championnat qu’ils méritent.

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Le stade de Gerland incarne à merveille l’architecture de l’époque Empire Romain durant lequel Lyon a été Capitale des Gaules

La morphologie peut être également représentée. Les gens des pays nordiques sont plus grands : les joueurs pratiquent un football rugueux, axé sur les duels. Les gens des pays méridionales sont plus petits : les joueurs pratiquent un football technique, basé sur le jeu de passe. A l’Athletic Club de Bilbao, on pousse loin la représentativité de la ville (et du club) en ne faisant jouer que des joueurs basques ou formés au club. Avec de très bons résultats puisque l’Athletic Club est parvenu jusqu’en finale de la Ligue Europa en 2012.

Ce ne sont que des échantillons de que les villes montrent d’elles à travers leurs clubs locaux. Il y en a beaucoup d’autres. Pour l’instant, c’est déjà pas mal.