Une ville au prisme de son football

J’ai toujours pensé qu’un club de football devait être plus qu’un simple club (comme la devise du FC Barcelone : « plus qu’un club »), mais le représentant et l’ambassadeur de sa ville. Une vitrine pour elle. Connaître un club est aussi un bon moyen de connaître une ville et ses habitants.

Allons à Madrid. Les supporteurs madrilènes sont chauds-bouillants. Pas ceux du Real ? Excellente question. Madrid a deux clubs, l’Atletico en plus du Real. Qu’est-ce qui détermine quel club le Madrilène moyen va supporter ? Dans une ville où il y a au moins deux clubs, il y en a toujours un club plus prestigieux que l’autre, et dont les places sont plus chères. L’habitant moyen n’ayant pas de fortune personnel privilégiera le club moins cher et transmettra logiquement sa passion à ses enfants. Il faut aussi prendre en compte la volonté du supporteur à soutenir le club de la ville et non le club qui attire des supporteurs venus d’on-ne-sait-où. Revenons à Madrid, au stade de l’Atletico, là, vous voyez, les Madrilènes sont beaucoup plus chaleureux.

Atletico Madrid fans de montrer leur soutien avant la finale de l'UEFA Europa League entre l'Atletico Madrid et l'Athletic Bilbao à la National Arena le 9 mai 2012 à Bucarest, en Roumanie.

Les Madrilènes sont des gens chaleureux

Ça se vérifie partout : à Lisbonne, Barcelone, Milan, Turin, Rome, Munich. Mais la ville la plus significative de ce phénomène est… Manchester.  Aucun Mancunien de naissance ne supporte United, seulement City. D’ailleurs leurs noms est parlant : Manchester City (« ville » : le club de la ville) et Manchester United (« unis » : le club qui uni les supporteurs d’un peu toute l’Angleterre).

Et les Lyonnais dans tout ça ? On pourrait se dire que les Lyonnais sont froids en voyant les spectateurs assis gentiment en tribunes latérales. C’est oublier le Kop Virage Nord où résident les Bad Gones, supporteurs qui par leurs tiffos, leurs chants et leur nombre n’ont rien à envier aux meilleurs supporteurs d’Europe. Alors, chaud, froid ? Les deux. Lyon est une ville de contraste et ça ce reflète parmi les supporteurs lyonnais.

Bien que de nombreux Lyonnais paraissent spectateurs, les Lyonnais des Bad Gones n’ont rien à envier aux meilleurs supporteurs d’Europe

Le stade du club doit aussi représenter la ville et son histoire. A cette considération, le stade de Gerland de Lyon en est le plus bel exemple. Le mur qui entoure le stade, ses pentes herbeuses et surtout ses quatre arches ne rappelle-t-il pas l’époque antique durant laquelle Lyon fut Capitale des Gaules ? A l’origine, on prévoyait même de placer des statues (de muses, comme celles de l’Opéra) au dessus des arches. Le résultat aurait été extraordinaire ! Tony Garnier l’a dessiné  à l’origine, pour accueillir les Jeux Olympiques de 1924 (Lyon était favorite jusqu’à ce que les Mexicains, bizarrement, usent de pot-de-vin). Je suis en revanche très déçu par les stades d’Italie. Un pays avec une histoire architecturale aussi riche et forte se devait de le faire transparaître dans leurs stades. Ce n’est pas le cas, et ce n’est pas près de s’arranger. Des stades sans architecture forte, vétustes, avec des pistes d’athlétisme séparant les tribunes des terrains… L’Allemagne est tout le contraire. Des stades grandioses, modernes, qui ont le luxe d’être variés. Les stades allemands sont l’exemple à suivre. Comme le fait déjà la France en prévision de l’Euro 2016. Calmez-vous, ce ne sont pas tous ces beaux stades qui va faire du championnat de France le plus attractif d’Europe – d’autant plus que les habitants d’un pays ont le championnat qu’ils méritent.

stade-de-gerland-arche.jpg

Le stade de Gerland incarne à merveille l’architecture de l’époque Empire Romain durant lequel Lyon a été Capitale des Gaules

La morphologie peut être également représentée. Les gens des pays nordiques sont plus grands : les joueurs pratiquent un football rugueux, axé sur les duels. Les gens des pays méridionales sont plus petits : les joueurs pratiquent un football technique, basé sur le jeu de passe. A l’Athletic Club de Bilbao, on pousse loin la représentativité de la ville (et du club) en ne faisant jouer que des joueurs basques ou formés au club. Avec de très bons résultats puisque l’Athletic Club est parvenu jusqu’en finale de la Ligue Europa en 2012.

Ce ne sont que des échantillons de que les villes montrent d’elles à travers leurs clubs locaux. Il y en a beaucoup d’autres. Pour l’instant, c’est déjà pas mal.

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2 réflexions sur “Une ville au prisme de son football

  1. petites remarques, comme ça, pas du tout négatives :
    – les stades italiens avaient été refaits pour la Coupe du Monde 90. Et sont maintenant obsolètes d’après les critères modernes souhaités par les présidents de clubs européens actuels. La France a rénové ses stades pour la Coupe du Monde 98 et… ils sont aussi obsolètes, sur les mêmes critères : peuvent rapporter plus ! (je n’aborde pas l’architecture, oui)
    – quant au public lyonnais bouillant… Mouaih, pas convaincu… 🙂

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