Lyonnais historique : Louis-Gabriel Suchet (1770-1826)

File:Gault - Le maréchal Suchet, duc d'Albufera (1770-1826).jpg

Louis-Gabriel Suchet en duc d’Albufera.

Louis-Gabriel Suchet a été maréchal d’Empire sous Napoléon 1er. L’un des meilleurs puisque l’Empereur dira que s’il avait eu Suchet à Waterloo, il n’aurait pas perdu la bataille.

Suchet, né d’une famille de commerçants en soie, rue Pizay, grandi à Saint-Rambert, à côté de l’Île Barbe. La Révolution ayant ruiné la soierie lyonnaise, il s’engagea dans l’armée en 1792 – à l’âge de 22 ans, donc. Ses compétences et son dynamisme l’aide à monter rapidement en grade.

Suchet se distingue lors du siège de Toulon en capturant le général anglais O’Hara, ce qui entraînera la reddition de la ville. Ça ne passera pas inaperçu aux yeux d’un certain capitaine Bonaparte qui l’intégrera à l’armée d’Italie, où il se distinguera à nouveau en contribuant militairement au départ des Autrichiens de Vintimille, Marengo et Gênes en 1800.

Sous l’Empire, aux côtés de Napoléon 1er, Suchet sera l’une des pièces maitresses des victoires napoléoniennes : Ulm, Hollabrunn, Iéna et surtout Austerlitz, bataille après laquelle il sera fait Grand Aigle de la Légion d’Honneur.

Ensuite, Suchet sera envoyé en Espagne… Il sera le seul général à obtenir des victoires, ce qui est une énième preuve de ses qualités. Le seul aussi à y obtenir son titre de maréchal. Suchet est le seul à avoir pacifié complètement le territoire qu’on lui avait confié. Après la conquête de Saragosse, contre le général Blake, Suchet commande sa province. Grâce à lui, Lérida, sur laquelle s’étaient cassées les dents de nombreux généraux français, tombe enfin. Tarragone, bien qu’aidée des troupes anglaises et des renforts catalans, tombe elle aussi. C’est ce dernier succès qui lui donnera son titre de maréchal d’Empire. Fin 1811, il prend la ville de Valence et son royaume en battant une nouvelle fois le général Blake. En janvier de l’année suivante, il devient duc d’Albufera et gouverneur du pays de Valence. Le retrait de l’armée française au-delà des Pyrénées l’oblige à évacuer la ville et à partir en Catalogne, puis à Gérone, où il défend la frontière française des Pyrénées orientales jusqu’à la chute de l’Empire. Presque un exploit.

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Blason de la famille Suchet après sont titre de duc d’Albufera.

La carrière de Louis-Gabriel Suchet ne s’arrête pas avec la fin de l’Empire. Durant la Restauration, il devint pair de France et restera fidèle au nouveau roi jusqu’au retour de Napoléon en France pour les Cent-Jours. Suchet va à Paris prendre les ordres de Napoléon qui lui demande de retourner dans sa ville natale, Lyon, pour y lever une armée : c’est « l’armée des Alpes », composé de 9 000 hommes. Suchet et son armée se dirige vers la Savoie et y bat, malgré l’inexpérience des soldats, les Piémontais puis les Autrichiens, mais quand la grande armée autrichienne prend possession de Genève, ils sont contraints de se replier pour défendre Lyon. Ayant après la défaite de Waterloo, Suchet capitule pour éviter de probables conséquences funestes pour Lyon et ses habitants. Les horreurs du siège de 1793 étaient encore dans les mémoires de nombreux Lyonnais, et la sienne. Après Napoléon, il garde le commandement de son armée. Il meurt à Marseille à l’âge de 55 ans et son corps fut emporté à Paris (Paris, affamée de centralisation, centralise même les morts… allant souvent à l’encontre des dernières volontés de ces derniers).

En plus d’être un stratège hors-pair, Louis-Gabriel Suchet était un administrateur intelligent qui a aidé la France à écrire l’une des pages les plus glorieuses de son histoire. Une statue en bronze à son effigie se dressait place Tolozan, mais elle fut fondue par les Allemands (les enfoirés !) en 1942 et jamais reconstruite. Trop cher ? Trop la flemme ? Oubli ?

Statue de Louis-Gabriel Suchet avant qu’elle ne soit fondue en 1942.