Vaudès et les « Pauvres de Lyon »

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Statue de Vaudès, à Worms, Allemagne

À Lyon

L’histoire de Lyon a été peuplée de personnes luttant pour préserver l’enseignement de la Bible face aux incursions païennes, souvent provoquées par les conciles. Parmi ces personnes : Vaudès, qui défendra la compréhension de la Bible pour le peuple et mettra en lumière l’aspect sanglant de l’intolérance religieuse.

Vaudès est un riche négociant lyonnais qui a vécu pendant la seconde moitié du 12ème siècle (1140-1206). Un jour, il perd son meilleur ami. Il cherche à comprendre la volonté de Dieu. On lui répond en citant un passage de la Bible dans lequel Jésus répond à un jeune homme riche : « Une chose te manque : Va, vends tout ce que tu as, et donne aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel, puis viens, suis-moi. »

Vaudès prend ce conseil très au sérieux. Il fait en sorte que sa famille soit à l’abri du besoin, renonce à ses richesses et prêche l’Évangile, s’élevant contre la dictature du clergé qui veut que seuls ses membres peuvent enseigner au peuple. Or, la Bible et les messes ne se prononçaient qu’en latin, et le peuple n’y comprenait rien. C’est pourquoi Vaudès commande une traduction des Évangiles et d’autres livres de la Bible dans la langue locale, l’arpitan (plus couramment appelée « franco-provençal », mais cette désignation prête à confusion). Avec leur Bible, Vaudès et ses disciples prennent d’assaut les rues de Lyon.

Les Pauvres de Lyon, comme on les appelle, vont à Rome demander l’autorisation officielle de prêcher en 1179. Le pape Alexandre III les accueille bien mais pas la Curie qui leurs pose beaucoup de question théologique auxquelles ils ne peuvent répondre. Ils sont autorisés à prêcher à condition que l’archevêque de Lyon soit d’accord : Guichard de Pontivy, sensibles aux thèses réformatrices du mouvement les y autorise. Les Vaudois croissent en nombre. Mais le successeur, l’archevêque Jean de Bellesmains y est hostile. Aussi il convoque Vaudès pour lui interdire de continuer à prêcher, mais celui-ci, suivant fidèlement la Bible répondit en s’appuyant sur Actes chapitre 5 verset 29 dans lequel l’apôtre Paul, dans une situation identique, se défend : « Nous devons obéir à Dieu, en sa qualité de chef, plutôt qu’aux hommes. » Pour leur persistance à prêcher dans les rues de Lyon, les Vaudois sont persécutés et forcés à quitter la ville.

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Les Vaudois seront terriblement persécutés par l’Eglise catholique

Hors Lyon

L’histoire des Vaudois à Lyon se termine. Leur départ de la ville leur donne la possibilité de prêcher l’enseignement biblique à d’autres gens. Ils s’installent dans les vallées du Piémont, en Allemagne, et en Europe centrale. Le IVème Concile de Latran condamne officiellement les Vaudois en 1215. Deux ans Plus tard, Vaudès meurt.

Après la croisade contre les Albigeois, l’Eglise catholique ses attaques vers les vaudois. L’Inquisition entre en action. En 1230, par peur, ils arrêtent la prédication, qui faisait leur particularité. Ils ressemblent désormais plus à des Protestants classiques. On les accuse d’hérésie, on les accuse même d’adorer le Diable. Ils étaient diffamés tout comme l’étaient les premiers chrétiens du temps de Blandine. Les vaudois étaient très soudés : ils se mariaient entre eux, ce qui a contribué à créer des patronymes vaudois.Au XVIe Siècle, la Réforme arrive avec les guerres de religion. Les Protestants et les vaudois se rapprochent davantage. Les premiers encouragent les seconds à financer une traduction en français. Paradoxalement, peu de vaudois comprenne le français. De nombreux Vaudois suivent des Protestants dans le sud de la France, en Provence, région plus sure. Certains habitants doutent de la fidélité des vaudois et les accusent de troubler l’ordre public. L’édit de Mérindol déclenche un horrible bain de sang. En de nombreuses régions, les vaudois sont massacrés, empalés, brûlés vifs. Les atrocités commises sont terribles. Dans leurs souffrances, les vaudois recourt même aux armes pour se défendre. Ces conflits les pousseront à s’allier aux Protestants et à devenir comme eux. Actuellement, les vaudois ne prêchent plus comme Vaudès l’avait fait et ils l’architecture de leurs églises montre aussi qu’ils ont mis de côté leur idéal de pauvreté matérielle. Les Vaudois sont la première communauté protestante d’Italie.

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Eglise vaudoise, à Turin, Italie