Le potentiel extraordinaire mais injustement sous-exploité de Lyon

J’aime beaucoup Lyon. C’est la ville où je vis, me ballade, me déplace, me détends, ai mes habitudes ; prends mon accent, mon caractère. C’est la ville que je connais, celle que j’aime. Aussi, quand je vois qu’on se sert d’elle comme cadre ou qu’on en fait mention d’elle dans un roman ou un film, c’est comme si je rencontrais un ami au milieu d’une immense foule. Je me réjouis qu’on parle d’elle.

Mais ces occasions se font rares. La faute à une centralisation (tant culturelle que politique) qui déporte les ressources des régions et villes de province vers Paris. Ce n’est pas une bonne chose pour la richesse culturelle. Une ville ou une région, de par sa nature, influence l’histoire qu’elle « héberge » et renforce son caractère unique en enrichissant la culture littéraire globale. Centraliser c’est empêcher la province de contribuer à la culture. La centralisation est telle que Paris est surreprésentée dans la culture, en particulier des lieux ultra-ressassés comme les Champs-Elysées ou la tour Eiffel, ce qui n’apporte plus rien à l’histoire qui en parle. J’ai même croisé un auteur vivant à Lyon depuis toujours dire que sa ville ne l’intéressait pas. En revanche, il a bien placées quelques histoires à Paris. A croire qu’il avait des ambitions telles que Lyon ne fusse pas assez grande pour les accueillir. Et qui, d’ailleurs, défendrait sa ville si les auteurs parlent tous de Paris ?

Se priver de Lyon est une erreur. Avec ses contrastes (la colline qui prie, la colline qui travaille ; le Rhône masculin, la Saône féminine ; l’été chaud, l’hiver froid), elle offre un symbolisme fort à une histoire. Son positionnement sur les biotechnologies (les post-humains, par exemple) et sur l’image (la réalité virtuelle) ferait de la ville un cadre idéal pour une histoire de science-fiction. Avec son histoire (Capitale des Gaules à l’Antiquité, Myrelingues-la-brumeuse à la renaissance), elle pourrait faire partie d’une histoire de fantasy. Sa dualité de cité pieuse mais ésotérique ferait de la ville un parfait cadre dans le registre du fantastique – je suis sûr qu’un Stephen King adorerait Lyon. La ville est bien sûr un centre du polar. Avec son quartier Renaissance du vieux Lyon, sa topographie naturelle fait de collines et de fleuves, et ses roses – dont elle est aussi une capitale –, Lyon est la ville obligatoire pour une histoire s’inspirant du romantisme (au sens large). Et par-dessus tout, Lyon est la ville des mystères ; une source d’histoires inépuisable.

Lyon est une ville aux potentiels énormes et aux charmes multiples. Une ville qui apporterait un vrai plus à chaque histoire pour peu que les auteurs et cinéastes lyonnais se rendent compte de leur chance.

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