Cité de la Gastronomie – Verdict

On sait que Lyon est une ville de contrastes. Mais là, c’est grave. Le verdict est tombé, la Cité de la Gastronomie sera accueilli par plusieurs villes : Tours, Paris-Rungis, Dijon. Pas Lyon ? Si, apparemment nous sommes tellement pathétiques que la mission d’évaluation a eu pitié de nous. Elle dit que Lyon « ne doit pas être exclu du dispositif ».

Que doit-on comprendre ? Car il y a de quoi ne rien comprendre. Je comprends que Lyon a perdu, mais que comme la Cité est attribuée à plusieurs villes, il faudrait aussi inclure Lyon à cause de sa culture culinaire – parce que Lyon est la capitale de la gastronomie, en réalité.

Le projet prévoit d’accueillir la Cité de la Gastronomie à l’Hôtel-Dieu, là où sont nés de nombreux Lyonnais.

Alors on se demande ce qu’il aurait fallu faire pour que Lyon remporte seule la victoire. La Cité aurait été intégrée à l’Hôtel-Dieu rénové, un très beau bâtiment. Peut-être est-ce le budget de Lyon (15M€), le plus petit budget des villes candidates, qui est desservi Lyon. En tout cas, c’est un nouvel échec pour Gérard Collomb qui n’a rien réussi à faire gagner à Lyon depuis qu’il est maire. Les Jeux Olympiques, la Capitale de la Culture et maintenant, ça ! Plus de 10 ans d’échec !

Il est temps que Collomb réfléchisse à un repositionnement stratégique de sa part pour faire progresser Lyon. Pourquoi Collomb ne garderait-il pas uniquement son poste de sénateur pour être en permanence au Sénat et ainsi se créer un réseau qui va aider Lyon dans des dossiers comme celui-ci ? Collomb a passé plus de 10 ans en tant que maire de Lyon, je ne vois pas ce qu’il pourrait faire de plus qu’il n’a déjà fait. Il est temps pour lui de changer d’air.

Quoi qu’il arrive, Lyon restera toujours la capitale de la gastronomie.

Heureusement, tout n’est pas perdu pour Lyon. En avril, les ministres feront leur choix définitif. Normalement, ils devraient suivre les recommandations de la mission d’évaluation en nommant Tours, Paris-Rungis et Dijon. Reste à savoir s’ils y ajouteront Lyon. Il se pourrait aussi que d’autres villes de France aient une Cité de la Gastronomie suivant les différentes cultures culinaires hexagonales. Il y a des raisons d’espérer.

Quoi qu’il en soit, nous savons, nous, Lyonnais, qu’elle est la vraie capitale de la gastronomie. Curnonsky a déclaré Lyon « capitale mondiale de la gastronomie » tandis que le critique culinaire allemand Jörg Zipprick a dit : « La culture gastronomique ne se mesure pas au nombre de grands restaurants, même si Lyon est très bien placée ; elle se mesure dans son quotidien, et là, il n’y a pas photo, Lyon est numéro un. »

La Civilisation Lyonnaise soutient la candidature de Lyon pour accueillir la Cité de la Gastronomie

La Civilisation Lyonnaise soutient vigoureusement la candidature de Lyon pour accueillir la Cité de la Gastronomie. La Capitale des Gaules est en concurrence avec Dijon, Tours, Beaune et Rungis. La ville lauréate sera désignée avant la fin de l’année par la Mission française du Patrimoine et des Cultures alimentaires. La rivale la plus dangereuse est peut-être Dijon car le maire est le président du groupe PS au Sénat, et ça, ça compte, dans ce genre d’épreuve.

Après un peu de nonchalance apparente, le maire Gérard Collomb (secouez-le, ma parole !) s’est enfin décidé à soutenir la candidature de la ville. Lui, l’architecte Albert Constantin et le chef étoilé Régis Marcon sont allés défendre Lyon devant le jury à Paris.

Si Lyon est retenue, la Cité sera placée à l’Hôtel-Dieu

Si Lyon est retenue, la Cité de la Gastronomie sera installé à l’Hôtel-Dieu, lieu symbolique de l’histoire et de l’identité culturelle de la Ville-Lumière puisque de très nombreux Lyonnais y sont nés. Elle occupera 15 000 m² qui seront consacrés à l’histoire de la gastronomie mais aussi à son avenir. La cuisine lyonnaise y sera aussi valorisée, ce qui est très bien. Le musée de la médecine deviendra un espace pour la nutrition. Le projet est complété de restaurants, de boutiques de produits frais, arts de la table. La Cité devrait accueillir 150 000 visiteurs par an.

Pour tous les Lyonnais, il est évident que Myrelingues (surnom de Lyon durant la Renaissance) est la capitale de la gastronomie. Et pas qu’eux : en 1935, Curnonsky, surnommé le « Princes des gastronomes » (ce qui n’est pas rien), a déclaré Lyon « capitale mondiale de la gastronomie ». Mondiale, a-t-il dit. La qualité de la gastronomie lyonnaise remonte à la Renaissance lorsque les cuisiniers florentins arrivent dans la région. La cuisine locale, déjà riche de la variété des produits du terroir, va être couplée à la cuisine florentine, ce qui va parachever son perfectionnement. L’art culinaire lyonnais est enrichi par les « Mères » au 19ème siècle. Aujourd’hui, les bouchons pullulent dans la Capitale des Gaules, et particulièrement dans le vieux Lyon. Quand on consomme des produits lyonnais, on sent vraiment la différence de goût avec des produits venant d’ailleurs. C’est à mettre au crédit de tous ceux qui ont fait la cuisine lyonnaise, à commencer par ses habitants.

Par la culture, par l’histoire, par la renommée, par le goût, Lyon est légitime pour accueillir la Cité de la Gastronomie. Tout autre choix serait une forme d’injustice.

Vous pouvez vous aussi soutenir Lyon en aimant la page Facebook du groupe de soutien. Au moment d’écrire ces lignes : presque 4250 membres.