Notre langue, l’arpitan

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Drapeau culturel arpitan ; non politique

Nous, Lyonnais, avons aussi notre patois à nous. La langue lyonnaise n’est qu’une des quelques variantes de l’arpitan (aussi appelé « franco-provençal », terme prêtant à confusion), qui va du Forez à l’ouest jusqu’à la Suisse romande à l’est. Elle est une des trois langues gallo-romanes aux côtés de la langue d’oïl (moitié nord) et de la langue d’oc (moitié sud).

L’arpitan est une langue latine. C’est avec la colonisation romaine que commence l’histoire de notre langue. Le latin s’est étendu à la France via l’urbanisation. Pour ce qui est de la zone arpitane, elle est originaire de Lyon, qui était la capitale des gaules et abritait donc des services administratifs importants où le latin était la langue principale. Pui cette langue s’est étendue à l’ensemble de la ville (les campagnes n’ont parlé cette langue qu’à partir du Moyen Âge).

Ensuite, les Burgondes sont arrivés du nord-est. La langue de ce peuple provient du germanique oriental, au contraire des Francs, plus au nord, dont la langue fait partie du germanique occidental. C’est probablement ce qui explique que l’arpitan soit distinct des langues d’oïl. Il est difficile d’évaluer l’importance de l’influence burgonde mais elle est probablement légère, les Burgondes ayant été peu nombreux en comparaison de la population gallo-romaine. Un des principales révélatrices de cette influence burgonde est que la zone arpitane correspond au foyer de population des descendants des Burgondes. Les Burgondes ont aussi eu une influence sur la prononciation de certaines voyelles comme le « e » et le « o ».

Ainsi, le parler lyonnais peut être vu comme du latin teinté de burgonde. En continuant à parler avec nos mots, nos tournures de phrase et notre accent, nous faisons vivre l’héritage de nos valeureux ancêtres. Un héritage commun avec tous ceux qui parlent cette langue comme la carte ci-dessous l’indique.

L’aire de difusion de notre langue correspond au foyer de population burgonde

Chouettes expressions lyonnaises

De tout temps, les Lyonnais ont eu l’esprit vif, comme en témoigne ses quelques expressions parmi les plus chouettes. Mémorisez quelques-unes pour les réutiliser à l’occasion.

« Aimer autant » = Préférer

« Aller plan plan » = Aller lentement, tranquillement

« Aller rondo » = Aller vite

« Attraper le bocon » = Prendre froid

« Avoir de la peau de sauc devant les yeux » = Ne rien voir, se voiler la face

« Boire le Beaujolais par la racine » = Etre mort

« Ça craint » = Ça risque

« De traboules en miraboules » = De traboules en mystérieuses traboules

« Embrasser la déesse » = Se livrer aux plaisirs amoureux avec la femme aimée

« S’en voir » = Eprouver des difficultés, se donner du mal

« Etre en balan » = Etre indécis

 « Faire flique » = Agacer, énerver, embêter

« Faire nano » = Faire dodo

« Faire péter la miaille » = Embrasser

« Faire péter une bise à la lyonnaise » = Embrasser très fort, sur les deux joues

« Faire son kangourou » = Travailler dur / posséder la femme aimée

« Se moucher à la parisienne » = Se moucher dans les doigts

« Petafiner sa fenotte » = Caresser la femme aimée, lui faire l’amour

« Péter plus haut que le menton » = Péter plus haut que son cul, être prétentieux

« Qui perd Lyon perd la raison » = [Devise emblématique] Variante : Qui perd la raison perd Lyon

« Recevoir une tôle » = Subir une grosse défaite

 « Travailler comme un massacre » = Travailler d’arrache-pied

Et s’il vous en faut davantage, je vous renvoie au livre « Expressions familières du Lyonnais » de Gilbert Salmon.