Attentats de Paris – Paris n’a rien d’un symbole de liberté

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Ne croyez pas que je suis insensible à la tuerie du 17 novembre, bien au contraire. Mais ce qui m’énerve c’est qu’on a l’impression que Paris s’est mue en une défenseure de la liberté.

Si on regarde son histoire, elle a largement bénéficiée de la centralisation des rois de France. Ils y déplaçaient toutes les ressources possibles depuis la province, lesquelles étaient taxées de « rebelles » si elles protestaient. On y envoyait quelques fois l’armée. C’est de cette façon que Paris est devenue si grande et si riche.

Le cas qui nous concerne le plus est le siège de Lyon en 1793. Les Lyonnais, refusant, entre autres, le centralisme jacobin extrémiste des autorités parisiennes, se soulevèrent contre les tyrans. En représailles, les Jacobins envoyèrent l’armée détruire une partie de la ville et tuer 4000 Lyonnais innocents – et encore, le chiffre précis n’est pas connu, il pourrait être bien plus élevé. Tous ces Lyonnais-là  ont été assassinés « au nom de la liberté » comme une colonne érigée au centre de la ville devait l’indiquer.

Malheureusement, il n’y avait pas de réseaux sociaux, et les médias très limités. Imaginez en une des journaux : « Après le siège, des milliers de Lyonnais exécutés » ou alors des hashtags #JeSuisLyon, ou alors des drapeaux lyonnais brandi un peu partout dans le monde.

Est-ce réellement du passé ? Non, car l’intolérance se manifeste dans le monde politique. Il y a peu de temps, les sénateurs ont refusé de signer la charte européenne des langues régionales. Quel ingratitude, alors qu’elles ont largement contribué à l’enrichissement de la langue française.

Va-t-on attendre qu’il y ait un attentat de grande ampleur en province pour qu’elle sorte de l’ombre parisienne ?

Pour finir, je tiens à signaler que si les Lyonnais se sont soulevés contre la Convention jacobine c’est aussi pour pouvoir présider à leur propre destinée. Alors, quelle ville est le symbole de la liberté ? A la Renaissance, éloigné de la censure des institutions nationales, les idées se développent, notamment la poésie avec l’Ecole de Lyon dont certains membres ont inspirés les poètes de la Pléiade. Alors, quelle ville est le symbole de la liberté ? Durant la Seconde Guerre mondiale, Lyon a été capitale de la Résistance. Alors, quelle ville est le symbole de la liberté ?

Dans ces événements difficiles, évitons l’obscurantisme et apportons les lumières de la vérité historique.

Je vous laisse avec ces quelques citations de Bertrand Barère, responsable de la mort de plusieurs milliers de personnes, dont les Lyonnais et le projet de destruction de leur ville :

« Les royalistes veulent du sang. Ils l’auront. Ils l’auront, organisé par l’armée révolutionnaire qui selon le mot de la Commune de Paris mettra la Terreur à l’ordre du jour. »

« Le vaisseau de la révolution ne pourra arriver au port que sur une mer de sang »

« Citoyens, la liberté est entrée dans Lyon, le 9 de ce mois… Le Comité a dit que les traîtres doivent être pris, leur punition doit être prompte…Mais laisserez-vous subsister une ville qui, par sa rébellion, a fait couler le sang des patriotes ?…Ce n’est pas une ville…Elle doit être ensevelie sous ses ruines…

(Suit le décret : )

Article premier : Il sera nommé par la Convention Nationale, sur présentation du Comité de Salut Public, une commission extraordinaire de cinq membres pour faire punir militairement et sans délai les contre-révolutionnaires de Lyon.

Article deux : Tous les habitants de Lyon seront désarmés. Leurs armes sur le champ seront distribuées aux défenseurs de la Patrie. Une partie en sera remise aux patriotes de Lyon qui ont été opprimés par les contre-révolutionnaires.

Article trois : La ville de Lyon sera détruite. Tout ce qui fut habité par le riche sera démoli. Il ne restera que les maisons des pauvres, les habitations des patriotes égorgés, les édifices spécialement employés à l’industrie, les monuments consacrés à l’humanité et à l’instruction publique.

Article quatre : Le nom de Lyon sera effacé du tableau des villes de la république et portera désormais le nom de  » Ville affranchie « .

Article cinq : Il sera élevé sur les ruines de Lyon une colonne qui attestera à la postérité les crimes et la punition des royalistes avec cette inscription :  » Lyon fit la guerre à la liberté, Lyon n’est plus « . »

Mais rappelez-vous toujours : si Rome est éternelle, Lyon est immortel !